
Vous voyez flou au-delà de 50 centimètres sans vos lunettes. Vous avez déjà perdu une lentille en snorkeling et passé les deux jours suivants avec l’œil irrité. Pendant que votre famille s’émerveille devant une raie manta, vous distinguez une forme grise qui pourrait tout aussi bien être un rocher. Cette frustration, je la connais bien : elle revient dans presque toutes les conversations avec les plongeurs que j’accompagne. La bonne nouvelle ? Un masque de plongée à la vue règle ce problème pour un investissement qui tourne autour de 135 à 200 euros.
L’essentiel sur les masques correcteurs en 30 secondes :
- Un pack masque + verres correcteurs coûte entre 135 et 200 € selon les options
- Les masques bi-verre permettent une correction différente par œil (idéal si votre vue n’est pas symétrique)
- Après 45 ans, les verres bifocaux deviennent souvent indispensables pour lire vos instruments
- Comptez 10 à 15 jours entre la commande et la réception de votre équipement
Pourquoi vos lunettes de ville ne suffisent pas sous l’eau
Soyons clairs : porter vos lunettes sous un masque classique ne fonctionne pas. La monture crée des points de pression sur la jupe silicone, l’étanchéité disparaît, et vous passez votre plongée à vider l’eau qui s’infiltre. J’ai vu des débutants tenter l’expérience. Ça se termine systématiquement de la même façon : une plongée gâchée et un masque embué.
Ce que beaucoup ignorent, c’est que selon les données Octika sur la santé visuelle, environ 75 % de la population française porte une correction optique. Autrement dit, trois plongeurs sur quatre sont potentiellement concernés. La question n’est donc pas de savoir si vous avez besoin d’un masque adapté, mais plutôt quel type de correction vous convient.
Les lentilles de contact représentent une alternative, mais elle comporte des risques réels. D’après le guide pratique d’Atlantis Formation sur les lentilles en plongée, le risque est élevé pour toute utilisation de lentille rigide à cause des différences de pression entre la lentille et l’œil. Même les lentilles souples journalières nécessitent des précautions : gouttes hydratantes, fermer les yeux pendant le vidage de masque, prévenir votre moniteur. Franchement, un masque correcteur simplifie considérablement les choses.
Quelle correction choisir selon votre défaut visuel
Le choix dépend de votre situation personnelle. J’ai remarqué que les plongeurs arrivent souvent avec une ordonnance sous le bras sans vraiment savoir comment l’interpréter pour un usage sous-marin. Voici comment vous y retrouver.
Quel type de verre correcteur pour votre cas ?
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Myopie ou hypermétropie seule (moins de 45 ans) :
Les verres standards suffisent. La plupart des gammes couvrent de -8 à +4 dioptries.
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Vous avez plus de 45 ans et peinez à lire de près :
Optez pour des verres bifocaux qui intègrent une zone de lecture pour vos instruments.
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Astigmatisme léger (moins de 1 dioptrie) :
Les verres standards peuvent convenir. Testez d’abord, le cerveau compense souvent.
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Correction forte ou astigmatisme marqué :
Le sur-mesure devient nécessaire. Prévoyez un budget supérieur et des délais plus longs.

Myopie et hypermétropie : la solution standard
Pour la grande majorité des plongeurs myopes ou hypermétropes, un masque de plongée de vue avec verres standards fait parfaitement l’affaire. Les fabricants proposent des verres pré-taillés en demi-dioptries, ce qui permet de s’approcher au plus près de votre correction. L’erreur classique que je vois régulièrement : commander des verres basés sur une ordonnance vieille de trois ans ou plus. Votre vue évolue, et ce décalage transforme l’investissement en déception.
Si vos deux yeux n’ont pas la même correction (cas fréquent), orientez-vous vers un masque bi-verre qui accepte des verres de corrections différentes pour chaque œil. C’est un critère que beaucoup oublient de vérifier avant l’achat.
Presbytie : l’option bifocale qui change tout
J’ai accompagné Françoise l’année dernière. À 52 ans, institutrice fraîchement retraitée, elle reprenait la plongée après quinze ans d’interruption. Son problème ? La presbytie apparue entretemps. Elle voyait correctement au loin avec son masque standard, mais son manomètre restait illisible. Elle hésitait entre un masque bifocal et des lentilles progressives.
Comme l’indiquent les informations médicales de la Fondation Rothschild sur la presbytie, ce trouble apparaît généralement autour de 40 à 45 ans et évolue pendant une quinzaine d’années avant de se stabiliser vers 55-60 ans. Pour Françoise, les verres bifocaux ont réglé le problème : une zone pour la vision de loin, une petite zone en bas pour lire ses instruments. Après un essai en fosse, elle a validé son choix.
Astigmatisme et corrections fortes : quand le sur-mesure s’impose
Les gammes standard couvrent la plupart des corrections courantes. Mais si vous dépassez -8 dioptries ou présentez un astigmatisme supérieur à 1 dioptrie, les verres pré-taillés ne suffiront pas. Dans ces cas-là, il faut passer au sur-mesure.
Attention : le sur-mesure implique des délais plus longs (3 à 4 semaines au lieu de 10-15 jours) et un budget plus conséquent. Vérifiez d’abord avec votre opticien si une légère sous-correction ne serait pas acceptable pour votre usage loisir.
Mono-verre ou bi-verre : le match qui compte vraiment
Au-delà du type de correction, vous devrez choisir entre deux architectures de masque. Ce choix impacte directement votre confort et vos possibilités d’évolution.
| Critère | Mono-verre | Bi-verre |
|---|---|---|
| Champ de vision | Plus large, vision panoramique | Légèrement réduit par la séparation centrale |
| Correction différente par œil | Impossible | Possible (atout majeur) |
| Changement de verres | Plus complexe | Plus simple, verres interchangeables |
| Prix moyen pack | 135-170 € | 150-200 € |
D’expérience, le critère qui fait la différence, c’est l’évolutivité. Si votre vue risque de changer dans les prochaines années (presbytie naissante, correction instable), le bi-verre vous permettra de remplacer uniquement les verres sans racheter le masque complet. Pour quelqu’un qui découvre les sports de glisse aquatiques et la plongée, c’est un investissement plus durable.

Avant de commander : 5 vérifications essentielles
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Ordonnance de moins de 2 ans (idéalement moins d’un an)
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Mesure de l’écart pupillaire notée sur l’ordonnance
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Essai morphologie du masque si possible (jupe silicone adaptée à votre visage)
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Vérification de la compatibilité verres/masque choisi
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Délai de livraison anticipé (10-15 jours minimum avant votre voyage)
Vos questions sur les masques de plongée à la vue
Puis-je plonger avec mes lentilles de contact ?
C’est possible avec des précautions strictes. Privilégiez les lentilles souples journalières que vous jetterez après la plongée. Les lentilles rigides sont déconseillées à cause des différences de pression. Fermez les yeux pendant le vidage de masque pour éviter de perdre une lentille. Mais franchement, un masque correcteur reste plus simple et plus sûr.
Comment connaître ma correction en dioptries ?
Consultez votre dernière ordonnance ophtalmologique. La valeur en dioptries apparaît généralement sous la forme SPH (sphère) pour myopie/hypermétropie. Un chiffre négatif indique une myopie, un positif une hypermétropie. Si votre ordonnance date de plus de deux ans, un contrôle chez l’ophtalmologiste s’impose avant d’investir.
Les verres correcteurs résistent-ils à la pression en profondeur ?
Les verres correcteurs pour masques de plongée sont conçus pour résister aux pressions rencontrées en plongée loisir (jusqu’à 40-50 mètres). La pression s’équilibre naturellement entre l’intérieur et l’extérieur du masque lors de la descente. Aucun risque de casse dans les limites d’une pratique normale.
Puis-je changer les verres si ma vue évolue ?
Sur un masque bi-verre, oui. C’est d’ailleurs l’un de ses avantages principaux. Vous conservez le masque et remplacez uniquement les verres. Sur un mono-verre, l’opération est plus complexe et pas toujours possible selon les modèles. Anticipez ce point si vous êtes dans une période où votre vue évolue encore.
Un masque correcteur convient-il aussi pour le snorkeling ?
Absolument. Le masque reste le même, que vous pratiquiez la randonnée palmée en surface ou la plongée bouteille. Si vous préparez un voyage incluant des activités aquatiques, consultez quelques conseils pour voyager intelligemment et anticipez la commande de votre équipement au moins trois semaines avant le départ.

Ce qu’il faut retenir avant de vous équiper
La timeline typique que j’observe chez les plongeurs que j’accompagne : identification du besoin (jour 0), rendez-vous ophtalmologiste si ordonnance périmée (jour 3), commande du pack masque + verres (jour 5), réception de l’équipement (jour 15-20), premier essai en conditions réelles. Comptez donc trois semaines minimum entre votre décision et votre première plongée avec une vision nette.
Mon conseil avant de vous lancer : résistez à la tentation de sur-corriger. Les plongeurs qui demandent la correction exacte de leurs lunettes de bureau oublient que sous l’eau, les distances sont plus courtes et la fatigue visuelle différente. Une légère sous-correction passe souvent inaperçue et offre plus de confort sur les longues immersions.